La psychologie face à la Science

 

La psychologie face à la science

 

Les apports de la psychologie analytique dans la science moderne

 

   

   

    Sur les traces de Jung, la psychologie analytique a depuis ses débuts défendu la valeur et la nécessité de la pluridisciplinarité, ne cessant d'évoluer, d'enrichir la science la plus moderne et de s'enrichir elle-même à travers elle.
    En France, et malgrè le peu d'intérêt qu'on lui porte, la psychologie analytique a depuis longtemps laissé loin derrière elle une psychologie académique anachronique et refermée sur elle-même. De nos jours, lorsque une communauté scientifique sérieuse s'interroge sur les implications de la psychologie dans ses propres recherches, elle se tournent de plus en plus vers Jung et ses continuateurs.
    Cet exposé ne rentrera pas dans les détails, car il faudrait une encyclopédie entière pour venir à bout d'un tel projet. Son but est simplement de présenter un rapide aperçu - non exhaustif - de l'importance colossale de l'influence jungienne dans les différents domaines de la science, et de rendre à la psychologie analytique un hommage qu'elle mérite bien.

   

    En histoire, en anthropologie, et dans la philosophie :

   Jung inspira de nouvelles perspectives dans l'approche historique, et plus précisément pré-historique, de l'être humain. A travers une étude approfondie des mythes et de l'histoire comparée des religions, grâce à la théorie de l'Inconscient Collectif, il ouvrit la voie d'une compréhension généalogique de l'âme (phylo-psycho-genèse...) et permit de mieux comprendre la phénoménologie de l'apparition de la conscience et de son développement : tel un spectacle passif, un rêve, et comme le soulignera plus tard M. L. Von Franz, parfois aussi comme un coup de tonnerre numineux dans le ciel de l'inconscience primitive...
    -Mircea Eliade, l'un des fondateurs de l'histoire moderne des religions, fut inspiré par la psychologie jungienne et publia nombre d'ouvrages majeurs. Replaçant l'expérience mystique au coeur de l'histoire humaine, il en démontra l'importance et détailla sa phénoménologie foisonnante au quatre coins du monde...
    -Paul Radin, anthropologue américain, popularisa le Trikster* et collabora avec Jung pour le développement du concept de "l'enfant intérieur", inspirant par là de nombreuse pratiques psychothérapeutiques...
    -Gaston Bachelard, philosophe, épistémologue, inspiré lui aussi par Jung. Il s'efforça par exemple, dans " La poétique de la rêverie" et "La psychanalyse du feu", de pointer l'insufisance du point de vue rationnel et l'opposition théorique irréductible de la science et de ce qu'il nomma "la rêverie", tout en soulignant leur intrication mutuelle dans la pensée pratique de l'homme, l'impossibilité pour lui de s'en extirper totalement, et les dangers que cela représente pour sa réflexion...


   

    En Physique :

    La grande aventure de la physique et de la psychologie débuta en 1930 quand Jung évoqua pour la première fois le concept de synchronicité. Jung collabora plus tard avec Wolfgang Pauli (l'un des pères de la mécanique quantique, Prix Nobel de Physique, Médaille Lorentz, Médaille Max Planck) pour la théorisation de ce principe, que l'on peut rapidement définir comme la manifestation d'une coïncidence acausale et significative entre un évènement physique et psychologique (Voir "Synchronicité et Paracelsica" ; "Jung et Pauli : correspondances"). Dans cette nouvelle perspective, l'activation des archétypes va de pair avec la synchronicité, et les archétypes ne sont plus seulement psychologiques mais deviennent psychoïdes, c'est à dire à la fois psychiques et physiques, structures ultimes du Monde Unique*.
    Après cette première grande rencontre, la physique et la psychologie continuèrent de se rapprocher, au point que certains scientifiques n'hésitent plus aujourd'hui à prédire un véritable pont, une véritable symbiose dans les années à venir entre ces deux sciences que tout, à priori, semblait opposer.
    Après la mort de Jung en 1961, la psychologie analytique, alors portée par M. L. von Franz, continua d'approfondir les recherches ("Nombre et Temps" ; "Matière et psyché").
    Beaucoup de physiciens, conscients de la nécessité de se rapprocher de la psychologie, poursuivirent également cette quête, et cela conduisit un certain nombre d'entre eux jusqu'au fameux colloque de Cordoue ("Science et Conscience") en 1979 :
    -David Bohm (Docteur en Physique théorique)
   -Olivier Costa de Beauregard (Ingénieur, Docteur en Physique, Directeur de recherche au C.N.R.S.)
    -Brian D. Josephson (Prix Nobel de Physique)
    -Fritjof Capra (Physicien et théoricien des systèmes)
    Actuellement les travaux s'orientent vers de multiples tentatives de modélisations et de théorisations psycho-physiques.

   Quelques exemples des analogies fondamentales entre la physique et la psychologie :
   -La complémentarité onde/particule, que l'on associe à la complémentarité Inconscient/Conscient.
    -La représentation moderne de l'Inconscient comme une matrice (mathématique) ou comme un champ duquel émergent les archétypes, de la même façon que les particules émergent des champs quantiques et de l'énergie du vide cosmique.
    -La contamination et l'ubiquité des archétypes, que l'on associe à la non localité de la matière, ainsi qu'au modèle holographique (dans lequel chaque particule reflète la structure d'ensemble de l'Univers).
    Enfin, quelques postulats de bases que la physique et la psychologie partagent désormais dans un paradigme commun :
    -La nécessité d'introduire les hypothèses de l'observateur conscient dans la description des phénomènes.
    -La restriction suivant laquelle on ne fait que décrire les effets de facteurs d'arrangement irreprésentables.
     -L'insuffisance des explications causales.
     -Une prédilection à priori pour les structures quaternaires*.
     -La relativité de la dimension spatio-temporelle.
     -L'indivisibilité du Tout.



    

    En parapsychologie :

    La parapsychologie, nous croyons utile de le rappeler, fut officiellement reconnue par l'A.A.A.S. en 1969 et trouve une place à part entière à l'Université dans certains pays qui financent publiquement des laboratoires de recherches...
    Accordant aux travaux de J. B. Rhine une grande valeur, Jung vit en eux la preuve expérimentale de l'interaction possible entre l'esprit et la matière et considéra que les facultés psi s'apparentaient à la synchronicité, du moins à l'intervention d'un "ordre universel acausal" dont celle-ci ne serait qu'une manifestation particulière.
    Bien que la communauté parapsychologique soit divisée sur le fait de considérer l'ensemble des phénomènes psi comme des manifestations de la synchronicité, celle-ci fut et demeure une base conceptuelle, une source de réflexion importante pour la parapsychologie, qui, d'accords en désaccords, de controverses en redéfinitions, continue d'approfondir et de travailler ce concept.
    A titre d'exemple :
   -Hans Primäs (Professeur de physique et chimie théorique à l'École Polytechnique Fédérale de Zurich), définit la synchronicité comme une corrélation holistique entre paires compatibles aux propriétés incompatibles, en l'occurrence l'esprit et la matière.
    -Walter Von Lucadou (Docteur en physique, Docteur en psychologie, Directeur du centre de consultation parapsychologique de Fribourg) définit la synchronicité comme une corrélation non locale significative dans des systèmes vivants.



   

    En Biologie :

    -Au sujet de l'évolution : Encore une fois sous les encouragements de Pauli, la psychologie analytique bouleversa la théorie de l'évolution des espèces, apportant à celle-ci les déterminations psychique et finale qui lui faisaient défaut.

     Hansueli F. Etter (Archéologue, Docteur en anthropologie, Président de la Fondation C.G. Jung de Zurich) publia dans l'ouvrage collectif "La synchronicité, l'âme et la science", un article sur le rôle probablement déterminant de la synchronicité dans l'évolution...
   

    -La neurobiologie corrobora la théorie jungienne des rêves en confirmant :
   -La valeur actuelle et objective du rêve, en démontrant le rôle du sommeil paradoxal dans la stabilisation synaptique et dans l'apprentissage.
    -La participation du rêve à la préservation de la mémoire de l'espèce, en tant que programmateur et reprogrammateur endogène des circuits nerveux, ce qui revient à confirmer, d'un point de vue biologique, l'envergure collective de la dynamique des rêves.
    Enfin citons par exemple les expériences d'Horace Magoun et Giuseppe Moruzzi sur la stimulation du tronc cérébral déclenchant l'apparition d'images archétypiques, confirmant elles aussi que le rêve porte jusqu'à notre conscience des éléments de type collectif...
   

 

     Nous sommes conscients de l’insuffisance et de l’aspect fragmentaire de ces données, cependant il nous a paru nécessaire d’exposer, en ces temps où la psychologie pèche plus que jamais par utilitarisme et cloisonnement, l’influence de Jung et de la psychologie analytique sur le monde scientifique.

     Jung eut également – et toujours sans compter les apports de son expérience aux thérapeutiques lui succédant – une influence notable sur les sciences de l’éducation, ainsi que sur l’art et sur la critique artistique, enfin et peut etre avant tout, sur notre vision du monde en général.

     Les influences de Jung, qui fut un moderne à la pensée visionnaire, et de façon plus vaste encore, les influences de la psychologie analytique, n’ont toujours pas fini de porter leur fruits.

 

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